L'expert BNETD vous répond spécial économie, finances et industrialisation

L'expert, Paterne KOFFI, directeur du département Économie, Finance et Industrailisation, répond à quelques questions posées en commentaires de la publication Twitter du 29 janvier 2019.

Quelle est la différence entre impôt et taxe ?

On peut définir l’impôt comme un prélèvement obligatoire effectué par la puissance publique auprès des personnes physiques et morales par voie d’autorités au profit de l'État ou des collectivités territoriales, dont elle doit compenser les dépenses budgétaires.

Les taxes, elles sont liées à une prestation de service publique. Elles sont perçues lors du fonctionnement d’un service public ou de l’utilisation d’un ouvrage public. Le montant de la taxe n’est pas toujours proportionnel au service rendu et ne concerne pas que les usagers (ex : taxes sur les ordures ménagères).

 

Que regroupent le terme Finances Publiques ? Et les termes Économie solidaire et économie numérique, également ?

Les Finances Publiques sont couramment définies comme l’étude des ressources, des charges et des comptes des collectivités publiques, c’est-à-dire principalement de l’État, des collectivités territoriales et des leurs organes subsidiaires. Elles constituent un des principaux leviers de l’action publique et expriment des choix de société. Ainsi, par l’impôt et les dépenses (ex : subventions, recrutements), les acteurs publics pèsent sur la croissance économique, la répartition des ressources et le développement de certains secteurs.

L’économie solidaire vise une autre manière de faire de l’économie. Elle veut produire, consommer, employer, décider, échanger et créer de la richesse autrement, en privilégiant l’utilité sociale, la qualité des rapports entre usagers et producteurs, entre salariés et entrepreneurs, tout en respectant l’humain et son environnement.

Enfin, l'économie numérique englobe les activités économiques et sociales qui sont activées par des plateformes telles que les réseaux internet, mobiles et de capteurs, y compris le commerce électronique.

 

En quoi consiste l'expertise économique du BNETD ?

L’expertise économique du BNETD s’enrichi, chaque jour, de sa contribution aux projets structurants de l’état de Côte d’Ivoire. Nos missions consistent principalement à réaliser des études économiques, socioéconomiques et financières à destination des ministères, collectivités territoriales, agences gouvernementales ou clients du secteur privé.

 

De quelles manières, le BNETD impacte l’économie nationale ?

Par son rôle de conseil et support à l’état ivoirien, le BNETD apporte son appui à la conduite de projets orientés vers l’assainissement du cadre macroéconomique et assiste constamment le gouvernement ivoirien dans la définition et la mise en œuvre des grandes orientations de la politique économique, des politiques sectorielles et des réformes du cadre légal et réglementaire.

 

Quel est votre avis sur la progression de l’industrialisation de l’Afrique de l’ouest ?

Dans la perspective d’émergence et pour répondre aux défis socio-économiques du 21ème siècle, il est essentiel pour les économies ouest-africaines de développer le secteur industriel.

À date, selon la Banque Africaine de Développement (BAD), la part de la production manufacturière dans le PIB régional est ainsi passée de 5,9 % en 2005 à près de 9 % en 2015. Cette évolution reste cependant assez faible en comparaison avec les autres secteurs de l’économie tels que les services qui ont cru de 29,3 % à 51,6 % du PIB ouest-africain sur la même période. Il reste donc des efforts à faire pour aller vers l’industrialisation, pourvoyeuse d’emploi et de richesses. Cette volonté se reflète dans la transformation de notre Département des Études Économiques et Financières (DEEF) en Département Économie, Finance et Industrialisation (DEFI).

 

Quelle est le type d’industrialisation nécessaire et adaptée au continent ?

L’Afrique de l’Ouest produit et exporte 65 % des graines de cacao dans le monde. Mais parce qu’elle ne les transforme pas, elle ne bénéficie que de 3,5% à 6% du prix final d’une tablette de chocolat (source). En conséquence, le développement d’industries permettant aux états africains de transformer leurs matières premières apparaît comme nécessaire afin de créer de la richesse et des emplois. De même, la redynamisation du secteur manufacturier qui est fortement créateur d’emploi apparaît incontournable pour répondre à la croissance démographique africaine. Ce sont là des objectifs du Plan National de Développement 2016-2020 que le BNETD contribue à opérationnaliser.

 

Quels sont les moyens utilisés actuellement pour favoriser l'économie verte dans la sous-région face au dérèglement climatique ?

Selon les Nations Unies, les secteurs jugés prioritaires pouvant entraîner une transformation substantielle des modes de production vers une économie verte sont : l’agriculture, le bâtiment, l’énergie, la pêche, la foresterie, l’industrie, le tourisme, le transport, les villes, les déchets et de l’eau. L’agriculture qui concentre près de 70% des travailleurs de la zone CEDEAO présente d’importantes niches de création de croissance verte. Ainsi l’agriculture durable permettant de développer la production, la valorisation et la commercialisation des produits agricoles est une des pistes explorées avec notamment l’agriculture durable. Au Sénégal, un à deux ans après leur formation, quatre-vingt agriculteurs ont suit à une réduction de 90 % dans l’utilisation de pesticides chimiques vu la valeur nette de leurs récoltes augmenter de 61 % en deux ans. C’est là le type d’initiative à encourager et dupliquer pour favoriser l’économie verte dans la sous-région.