Qu'est ce que A.N.U.M.I. ?
Le réseau africain des Institutions de gestion urbaine (ANUMI) résulte de la volonté des cinq Institutions partenaires du Programme de Gestion Urbaine en Afrique de se mettre en réseau afin de poursuivre les nobles ambitions de ce programme après la fermeture du Bureau Régional de coordination en décembre 2003.
En effet, ces Institutions qui ont appris à se connaître, se côtoyer et travailler ensemble depuis 1997 sur des thématiques décisives pour le développement urbain de l'Afrique, ont décidé de se tendre la main pour mieux s'organiser afin de contribuer collectivement aux nouveaux défis du développement urbain durable sur notre continent.
ANUMI a été officiellement constitué en février 2003 à Johannesburg par la signature d'une déclaration commune entre les représentants des institutions fondatrices.
LES INSTITUTIONS FONDATRICES D'ANUMI
Ce réseau est prêt à accueillir d'autres Institutions d'Afrique Sub-Saharienne qui partagent ses ambitions et objectifs.
La genèse d'ANUMI
ANUMI est l'aboutissement de la stratégie d'ancrage régional élaborée et mise en œuvre par le Programme de Gestion Urbaine (PGU) qui est l'un des plus importants programmes globaux d'assistance techniques au secteur urbain.
Conçu conjointement par le PNUD, UN-HABITAT et la Banque Mondiale, le Programme de Gestion Urbaine, initié en 1986 avec le lancement de la première phase, s'est donné comme ambition, de contribuer au renforcement des capacités des villes des pays en développement pour une meilleure prise en charge des objectifs du développement humain durable.
L'histoire du PGU et de ses 5 institutions d'ancrage africaines permet de mieux apprécier le parcours d'ANUMI. Le partenariat entre le PGU et ses cinq institutions d'ancrage durant les différentes phases-clés du programme se résume comme suit :
La phase I (1986 - 1991)
Durant cette phase de démarrage, le PGU s'inscrivant dans une perspective mondiale a mis l'accent sur le développement d'outils et de documents-cadres. La synthèse des leçons apprises, des rapports de recherche et des programmes de coopération élaborés vont servir de base pour le développement de programmes de renforcement de capacité dans les phases suivantes.
La phase II (1992 - 1996)
Dans cette seconde phase, le PGU utilise ces outils et documents-cadres afin de renforcer les capacités au niveau régional et étendre ces actions au niveau local et national.. Les principaux mécanismes étaient le développement d'une capacité régionale à travers la mise en place des panels régionaux d'experts et la tenue d'ateliers et consultations au niveau local et national afin d'introduire ces politiques et outils. La structure du programme a été décentralisée pour responsabiliser les bureaux régionaux dans l'exécution de ces activités.
A la fin de cette phase, cinq (5) institutions régionales ont été sélectionnées pour la mise en œuvre des activités du Programme de Gestion Urbaine (PGU). Ces Institutions d'ancrage ont été choisies en fonction de leurs capacités internes en matière de gestion urbaine et leur couverture régionale. Aujourd'hui, ces cinq institutions sont les fondatrices et partenaires du réseau ANUMI.
La phase III (1997 - 2003)
Cette phase lancée à Istanbul au moment de l'adoption de l'Agenda UN - Habitat, a incorporé les principes de base et principales thématiques de cet Agenda. Cette phase s'est donnée alors pour mission, l'appui aux autorités locales et nationales pour la mise en œuvre de cet Agenda. Pour ce faire, elle met l'accent sur le renforcement des capacités des Institutions d'ancrage à aider ces gouvernements locaux et autres acteurs à faire face aux défis urbains majeurs (pauvreté urbaine, détérioration de l'environnement, gouvernance locale, genre ). En vue d'atteindre ces objectifs, la consultation locale a été l'outil privilégié par le PGU durant cette phase.
La consultation locale est un processus participatif impliquant toute la ville. Elle permet de réunir les acteurs concernés par le développement urbain en vue de s'accorder sur les principaux problèmes et leur priorisation et de proposer des solutions locales sur la base d'un large consensus. Cette consultation locale organisée après les phases préparatoires et d'analyse diagnostique débouche sur l'élaboration d'un plan d'actions et des programmes d'actions prioritaires soutenus par le développement de partenariats. Elle s'inscrit dans la perspective de « la ville inclusive » qui vise la participation de tous aux prises de décisions et surtout l'instauration d'un partenariat fécond pour les actions de développement. Au total, 46 consultations locales ont été réalisées dans vingt trois (23) villes de quinze (15) pays.
Les impacts significatifs de ces consultations sont notamment :
Lors de la consultation locale sur la gouvernance dans la ville de Malindi, Kenya, les agents municipaux ont identifié les faiblesses dans le fonctionnement de l'administration locale et formulé une demande de renforcement des capacités pour corriger ces insuffisances.
Cette consultation locale a permis également à l'administration municipale de changer d'attitude vis-à-vis des communautés de base qui, désormais sont considérées comme des partenaires à part entière dans le processus de planification et de mise en oeuvre des actions de développement.
Les nouveaux partenariats établis entre la commune et le secteur privé ont abouti à la mise en oeuvre d'actions concrètes telles que l'amélioration de l'environnement scolaire, des mesures de sécurité améliorées à certains carrefours dangereux et la construction d'un centre artisanal sur un terrain municipal.
L'étroite collaboration entre l'institution locale partenaire, (GTI) basée à Mombassa et l'administration municipale à toutes les étapes du processus consultatif a contribué à renforcer les capacités de celle-ci.
La phase IV : 2002-2004
L'amélioration de la gouvernance participative en vue de la réduction de la pauvreté au niveau local est l'objectif principal de cette phase. Au cours de cette phase, la gestion du VIH/SIDA au niveau local devient une nouvelle composante des consultations locales. Un accent particulier sera également mis sur la consolidation des connaissances acquises par les autres programmes ainsi que le renforcement du système régional de connaissances en gestion urbaine.
Par ailleurs, la phase IV envisage la remise de la gestion du programme à des structures de gouvernance régionale créées par les institutions d'ancrage. Ce processus de remise qui suit son cours connaîtra son terme en décembre 2003 avec la fermeture des bureaux régionaux du PGU. En Afrique, ANUMI qui se prépare à prendre la relève élabore actuellement son programme d'activités en pleine connaissance des nouveaux défis de la gestion urbaine et des cadres de partenariats globaux et régionaux du développement.
ANUMI et savoir.
Au cours des 17 dernières années, le PGU et ses partenaires régionaux ont généré une mine de connaissances et d'expériences sur la gestion urbaine en Afrique. Les valeurs ajoutées de cette approche sont les suivants :
Toutes ces forces, connaissances et savoir-faire seront autant d'atouts qui permettront au réseau ANUMI de bâtir sereinement ses programmes d'activités.
Présentation de ANUMI
1 / Vision
Le réseau ambitionne de devenir à terme, un pôle d'assistance pour les villes et collectivités à travers la dissémination des connaissances et du savoir-faire technique pour relever les défis urbains et atteindre le développement urbain durable en Afrique subsaharienne.
2 / Objectifs
Les principaux objectifs du réseau sont :
3 / Administration et structures de gouvernance
Durant cette phase de démarrage, le réseau est composé des deux structures de gouvernance suivantes :
le conseil d'orientation (steering committee)
Ce conseil composé des responsables des institutions d'ancrage et du secrétariat exécutif guide les activités du réseau. A ce titre, il :
Le Secrétariat exécutif
C'est une entité légère chargée de coordonner la mise en œuvre des activités du réseau et d'expédier les affaires courantes. Il est domicilié à Abidjan, au BNETD qui met à sa disposition des locaux, un appui logistique et des ressources humaines. Ses principales responsabilités sont les suivantes :
Le secrétaire exécutif est choisi pour un mandat de trois (03) ans renouvelables.
4 / Activités de ANUMI
ANUMI reste attentif aux besoins exprimés par les collectivités locales africaines et les communautés de base ainsi que les priorités définies par la communauté internationale dans l'établissement de son programme d'activités. Ainsi, pour les trois prochaines années, il entend structurer ses activités autour des centres d'intérêt suivants :
1) La prise en charge du VIH-SIDA à l'échelle locale :
ANUMI va continuer à développer des outils et méthodologies pour appuyer les collectivités locales dans l'élaboration des plans locaux d'actions stratégiques en vue de réduire le VIH/SIDA. Quelques activités pilotes ont été déjà engagées par le Programme de Gestion Urbains et ces expériences pilotes seront capitalisées et disséminées à travers un mécanisme de gestion du savoir. ANUMI est en train de développer un programme régional comportant cinq nouvelles consultations locales sur le VIH/SIDA mettant beaucoup plus l'accent sur l'analyse de l'impact de ce fléau sur les collectivités locales.
2) La mise en oeuvre des objectifs du millénaire pour le développement au niveau local :
ANUMI envisage de contribuer à la mise en oeuvre au niveau local des OMD en Afrique subsaharienne. Dans cette perspective, ANUMI va s'atteler au développement des outils et méthodologies pour appuyer les collectivités locales dans l'élaboration des plans d'actions en vue de mesurer les progrès dans l'atteinte des ODM au niveau local. Des consultations locales pilotes seront organisées afin de traduire les ODM en indicateurs locaux avec un accent particulier sur la réalisation de la cible 11 : Réussir, d'ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis.
3) Appui à la mise en oeuvre du NEPAD au niveau local :
La contribution de ANUMI à la mise en oeuvre du NEPAD au niveau local cible les thématiques environnement, population et urbanisation dont le portage est assuré par UN-HABITAT avec l'appui du PNUE et du FNUAP. ANUMI apportera son concours aux villes africaines afin qu'elles deviennent des « entités fonctionnelles, économiquement productives, socialement intégrées, respectueuses de l'environnement, des espaces sûrs et sainement aménagés». L'accent sera mis sur l'élaboration de stratégies de développement urbain et l'établissement de partenariats.
4) Le renforcement des capacités internes du réseau :
Cette activité vise le renforcement et dynamisation du réseau, l'échange de connaissances entre les institutions membres d'ANUMI ainsi que le développement de leur capacité collective à mobiliser les ressources et développer des outils et méthodologies pour l'appui aux villes africaines. L'outil privilégié pour la gestion de l'information à travers la région (études de cas, outils de gouvernance participative, rapports de recherche, manuels,…) sera le site WEB d'ANUMI appuyé par la publication du bulletin d'information Villes Africaines/African Cities.