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Antoine CESAREO : de Septembre 1978 à Juillet 1992

Celui que certains appelaient le "marabout blanc" et que d'autres considéraient comme l'Européen le plus puissant de Côte d'Ivoire a véritablement marqué la Direction et Contrôle des Grands Travaux (DCGTx).

Que retenir de cet homme dont le nom est associé aux grands Travaux du pays ?

Ingénieur de formation, Antoine CESAREO est français né en 1931 en Tunisie. Sa carrière professionnelle, il la mène presque uniquement sur le continent africain au service de la coopération française en Guinée-Conakry puis en Côte d'Ivoire où il sera entre autre, Directeur des travaux du pont Charles de Gaulle en 1964. Après 13 ans passés en Côte d'Ivoire, il rentre en France. En 1977, il est sollicité par son ancien ami et collègue M. Désiré BONI alors ministre ivoirien des Travaux Publics qui lui demanda de superviser les grands travaux qui se multipliaient partout dans le pays. Un an après, il est nommé Directeur Général de la DCGTx, qu'il dirige quatorze ans durant.

A sa création, la DCGTx avait pour mission d'assurer la maîtrise d'œuvre et des coûts de réalisation des travaux, ainsi que la relève du personnel expatrié par des cadres ivoiriens. Pour M. Césaréo, le bilan est positif puisque la DCGTx a largement atteint ses objectifs et de l'argent a été économisé en Côte d'Ivoire pendant cette période. Mais quand le ministère des Travaux Publics, de l'urbanisme et de l'Habitat dont dépendait la DCGTx éclate en deux entités distinctes, chacune d'elles revendique la supervision de la DCGTx. C'est alors que Félix Houphouët Boigny, pour mettre fin à ces conflits, décida que cette structure dépende directement de la Présidence de la République, donc de lui. Aussi le bouillant ingénieur français se fera t-il remarquer pour son âpreté à la tâche, sa probité et ses redoutables talents de négociateur, qui ont par moment fait des mécontents autour de lui.

Tout le monde s'accorde cependant à retenir de lui qu'il était un bourreau du travail. Il pouvait facilement élire domicile sur un chantier afin de superviser lui-même les travaux. "Il se montrait par moment très dur au point d'être parfois désagréable mais n'était pas rancunier", nous a confié un ex-agent de la DCGTx.

C'est à lui que l'on doit en Côte d'Ivoire le plus dense réseau routier de l'Afrique de l'Ouest, des ouvrages d'art, des infrastructures aéroportuaires, le pont Chardy de la commune du Plateau, les échangeurs Indénié-Agban-Latrille, (qualifiés de prouesse technique), le centre hospitalier universitaire de la commune de Yopougon, la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, etc.

Au fil des années d'ajustement structurel, la DCGTx avait supplanté le gouvernement en matière économique, rendant caduque certains engagements pris vis à vis des Bailleurs de Fonds. La Banque Mondiale et le FMI lui reprochaient d'être à la base des dérapages au niveau des dépenses publiques. Ces institutions internationales en voulaient terriblement à M. Antoine CESAREO à cause du rôle qu'il a joué dans la réussite de la construction de la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro qui n'était à leurs yeux qu'un "éléphant blanc".

Estimant que Félix Houphouët Boigny tenait son pouvoir de la DCGTx, ces deux institutions internationales ont plié bagage en 1990 au cœur de la crise du café et du cacao, conditionnant leur retour au départ de M.Antoine CESAREO. Voilà la fin négociée de celui qui fit de la Côte d'Ivoire la vitrine des grandes réalisations en matière d'infrastructures.

La cérémonie d'adieu organisée au Palais Présidentiel de Yamoussoukro pour le remercier et le décorer fut triste et émouvante


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